LETTRE DU SÉMINAIRE 25
Avec le concours de la Fondation de France
Centre d’Histoire de Sciences Po
LE POUVOIR DES ARTISTES
Alexandra Exter devant les tableaux de Nadejda Oudaltsova à l’exposition Magasin, Moscou, 1916.
Elitza Dulguerova Magasin : la négociation de la valeur d’exposition à l’époque des avant-gardes russes
Olga Medvedkova Kandinsky en 1901 ou la critique des critiques
Direction : Laurence Bertrand Dorléac Rédaction : Élodie Antoine Contact Traduction : David Ames Curtis
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LETTREs PRÉCÉDENTEs L’INFLUENCE DES SAINTS-SIMONIENS ET L’IDÉE D’UN ART EN AVANT-GARDE DE LA RÉFORME DU MONDE ENTRE UTOPIE ET MARKETING, LES NOUVEAUX PUBLICS Joseph beuys : la fabrique d’un chaman |
EDITORIAL
La tradition a souvent voulu donner le dernier mot à l’écrivain : depuis l’Antiquité, avec Philostrate, parce que la critique était censée dépasser les apparences en dégageant un sens et une morale quand l’artiste était soupçonné de ne faire que représenter des formes par d’autres formes. Régulièrement, les artistes ont remis en cause cette conception en imposant leur vue et l’idée que les médiateurs empêchent de voir les œuvres et de les apprécier comme elles devraient l’être. Ils ont régulièrement mis en crise les hiérarchies : au début du 20e siècle en particulier, les avant-gardes ont non seulement bouleversé les formes mais aussi la façon dont elles étaient apprises, présentées, vendues, commentées. Ainsi, nous dit Olga Medvedkova, dès 1901, Kandinsky s’en prend violemment à la critique, et plus généralement à tous les médiateurs accusés de parasitisme. Elitza Dulguerova, révèle quant à elle la puissance du cas de Tatline avec son Exposition futuriste Magasin à Moscou en 1916 qui remet en cause les règles de la scène artistique en matière d’économie de l’art. Ces deux recherches très originales nous révèlent un aspect majeur de la fonction critique des artistes non pas étrangers à la politique de l’art mais agents actifs de sa mise en œuvre. Laurence Bertrand Dorléac |